Merde in France
Ou pourquoi on ne peut pas faire des affaires avec les Français.
Imaginez : vous êtes une société high-tech allemande et souhaitez organiser une convention commerciale dans le sud de la France. Vous sélectionnez un hôtel de charme 4-étoiles luxe Relais & Châteaux à deux pas du circuit du Castellet où vous organiserez une course de kart avec vos invités.Vous réservez la totalité de l'hôtel (chambres, suites et salles de réunions) pour plus de 50 personnes presque un an à l'avance par contrat, réalisez des repérages sur place et versez 4 mois à l'avance des acomptes représentant plus de la moitié du coût global. Vous organisez un programme de séminaires et activités de détente telles que visite de domaine vinicole voisin et dîners. Vous planifiez tous vos transferts en car entre l'aéroport, l'hôtel et les différentes sorties.
Vous imprimez vos invitations et les envoyez à vos plus gros clients en Europe, Chine, Japon, Corée, Singapour, Taiwan, Etats-Unis, Australie. Ceux-ci planifient leurs vols et leur séjour en France.
Six jours avant l'événement (dont 4 ouvrables), tout est prêt. Vous avez déjà envoyé l'essentiel du matériel et de la documentation à l'hôtel, il ne reste plus qu'à peaufiner les présentations et workshops.
C'est alors que vous recevez un e-mail de votre hôtel vous indiquant que malheureusement, il n'est plus en mesure de recevoir votre groupe pour une raison qu'il refusera de vous révéler jusqu'au bout. 47 des 53 invités sont délogés sans explication, on vous propose de les reloger dans un Sofitel en plein centre de Marseille et de leur faire faire l'aller-retour vers le Castellet tous les jours en car (environ 1h aller, 1h retour).
Top-chrono : il vous reste 4 jours pour réorganiser toute votre convention : trouver un nouvel hôtel, des salles de séminaire, un nouveau restaurant pouvant accueillir 50 personnes, réorganiser tous les transferts, modifier votre programme, et expliquer l'inexplicable à vos clients.
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| AVANT | APRES |
Ce cauchemar de tout responsable événementiel, vous en avez rêvé - l'Hôtel du Castellet l'a fait !
Vous sautez dans un avion pour Marseille et écumez les grands hôtels de la ville. Finalement, vous arrivez à reloger l'ensemble de votre groupe ainsi que le séminaire dans deux 4-étoiles voisins du Vieux-Port, dont le Sofitel. Soulagé, vous rentrez en Allemagne.
Le lendemain, le Sofitel vous appelle pour vous dire que sur les 50 chambres promises, 10 ne pourront pas être honorées pour cause de retards dans des travaux de rénovation. 10 personnes devront donc être relogées dans le Novotel voisin (qui l'avant-veille était complet, mais a miraculeusement libéré de la place - sans doute en annulant sans préavis d'autres réservations). Heureusement, cela correspond à l'effectif de votre staff, vos clients ne seront donc pas impactés.
Trois jours plus tard, vos clients arrivent et tous sont accueillis sans difficulté à l'hôtel. Tous ? Non ! Pour une raison qui ne sera jamais éclaircie, la Réception se rend compte à 1h du matin qu'il manque une chambre pour le dernier arrivé. Il faudra le reloger dans un quatrième hôtel du centre-ville.
Conclusion :
En France, même (ou surtout ?) les hôtels les plus chers, les plus réputés et les plus luxueux se surpassent en incompétence et mépris de leur clientèle.
Rupture de contrat unilatérale et au dernier moment, désorganisation, amateurisme, arnaques et baratin, le tout agrémenté de grèves de pêcheurs sommant l'Etat de faire baisser les cours mondiaux du pétrole, telle est l'image peu flatteuse que vous et vos invités venus du monde entier conserverez de la France en reprenant votre avion. Avec cette résolution en tête : plus jamais la France !
NB : Tous les faits décrits ci-dessus sont véridiques et vécus pas plus tard que la semaine dernière.
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